Société canadienne des anesthésiologistes
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Contributeur important : Dr David Cambell Aikenhead


David Campbell Aikenhead
(1891-1973)


Il n’est pas étonnant qu’au début du 20e siècle, l’anesthésie à Montréal et à Toronto se soit développée aussi rapidement que dans les grands centres américains ou britanniques, mais son développement réussi ailleurs dans un pays aussi vaste et aussi peu peuplé que le Canada nous laisse empreints de respect pour les anesthésistes pionniers qui ont travaillé dans de plus petits centres. Le Dr Webster à Winnipeg, le Dr Muir à Halifax, le Dr Leech à Regina et le Dr Freeze à Vancouver étaient des hommes de cette trempe, ainsi que l’était le Dr David Campbell Aikenhead, lui aussi anesthésiste à Winnipeg.

Le Dr Aikenhead est né à Hartney, au Manitoba, le 13 juillet 1891. Après des études à Hartney et à Melita, il s’est inscrit au Collège médical du Manitoba en 1912. Ses études de troisième année ont été interrompues par son service militaire au sein du Corps médical militaire royal du Canada en Angleterre et en France en 1915 et 1916. Il est ensuite revenu au pays pour terminer ses études de médecine – mais est retourné en France à nouveau pour servir jusqu’à la fin de la guerre. En 1919, il a établi une pratique générale à Sinclair, au Manitoba, mais son intérêt pour l’anesthésie l’a amené à entrer au Département d’anesthésie de l’Hôpital Winnipeg General (dirigé par William Webster) en 1920.

Pendant plusieurs années, comme beaucoup d’anesthésistes de cette époque, le Dr Aikenhead a combiné anesthésie et médecine générale. Cependant, le besoin croissant d’anesthésie compétente et de médecins ayant un intérêt particulier pour l’anesthésie ont incité le Dr Aikenhead à y consacrer de plus en plus de son temps. En 1935, année du décès du Dr Webster, le Dr Aikenhead était prêt à prendre la direction du département de Winnipeg et il a occupé ce poste jusqu’en 1953, lorsqu’il est déménagé à Hamilton et, plus tard, à Burlington. Il a pris sa retraite en 1969.

Le Dr Aikenhead a pratiqué au cours d’une période qui a été stimulante pour les anesthésistes. De nouveaux médicaments (l’éthylène, le cyclopropane, le thiopental, la d­tubocurarine et, plus tard, d’autres myorelaxants et les agents volatils fluorés) et de nouvelles techniques (l’intubation endotrachéale, l’absorption de dioxyde de carbone et la ventilation contrôlée) ont donné aux anesthésistes un contrôle auparavant inconnu sur les éléments pharmacologiques et physiologiques de l’anesthésie. Toujours visionnaire, le Dr Aikenhead a accueilli ces avancées et les a implantées à Winnipeg. Son adhésion au très sélect « Anesthetists’ Travel Club » lui conférait connaissances et autorité, qu’il a mis à profit pour faire progresser l’anesthésie à Winnipeg. Il y a créé le département d’anesthésie, a stimulé les activités éducatives chez ses collègues et a lancé les rencontres qui ont donné naissance à la Société des anesthésistes de Winnipeg. Il a de plus établi des bases solides pour l’enseignement des étudiants, des internes et des résidents.

Les intérêts universitaires du Dr Aikenhead l’ont mené à réaliser deux études sur de larges séries d’anesthésiques. La première étude, publiée en 1922, portait sur 7 000 anesthésies. Les agents courants étaient l’éther, le chloroforme et le chlorure d’éthyle. Les deux premiers étaient administrés par goutte à goutte sur un masque Gwathmey recouvert d’un jersey de coton; le dernier, à l’aide d’un inhalateur à circuit fermé Ormsby ou d’un masque Gwathmey en utilisant la technique de vaporisation et d’instillation goutte à goutte. De l’oxygène et une voie respiratoire en métal étaient utilisés au besoin. Les complications respiratoires étaient soulignées parce qu’elles avaient été mortelles chez quatre patients. La seconde étude, publiée en 1940, portait sur une série de 3 549 anesthésies. Près de la moitié de ces anesthésies étaient effectuées à l’éther, maintenant administré par la méthode semi-fermée, et près d’un tiers, à la cyclosporine. Dans moins d’un cinquième des cas, l’anesthésiant avait été administré par voie rachidienne. À cette époque, l’utilisation du tube endotrachéal était relativement fréquente (mais pas encore très répandue) et avait fait partie de la technique d’anesthésie employée sur 300 patients subissant une chirurgie abdominale.

Lentement, mais sûrement, le Dr Aikenhead est devenu connu et respecté à la fois dans les cercles d’anesthésie et les cercles médicaux. Il a été membre du Conseil de la Société canadienne des anesthésistes de 1943 à 1947 et il a présidé l’Association médicale du Manitoba de 1943 à 1944.

David Aikenhead était l’un de ces individus dont la présence faisait une différence dans son entourage, qu’il s’agisse de patients, de collègues, d’employés de l’hôpital ou de membres de sa communauté. Il était sage, empreint de compassion et bon. L’excellence lui venait tout naturellement et les anesthésistes canadiens ont raison d’admirer ses réalisations novatrices qui ont beaucoup contribué à ouvrir la voie aux autres.

David A.E. Shephard MB FRCPC, Saskatoon
CAN J ANAESTH 1994/ 41:6 /p.547

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