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Guide d'exercice de l'anesthésie - 2008

Équipement et installations

L’anesthésie doit se pratiquer dans un local approprié. Tout l’équipement, les médicaments et les autres fournitures doivent être à portée de la main. L’équipement d’urgence servant à la réanimation et au support des fonctions vitales doit aussi être disponible.

L’établissement de santé est responsable de l’aménagement et de l’entretien des lieux servant à l’administration de l’anesthésie ainsi que de l’achat, de l’entretien et de l’inspection de l’équipement servant en anesthésie. L’Association canadienne de normalisation (CSA) a publié des normes se rapportant aux installations anesthésiques ainsi qu’au choix, à l’installation et à l’entretien de la plupart de l’équipement servant à l’administration de l’anesthésie et autres fonctions connexes (voir l'Annexe 1). Ces normes ainsi que d’autres recommandations spécifiques provenant des législations provinciales doivent être obtenues et l’établissement doit s’y conformer lors d’achat de nouvel équipement ou lors de l’aménagement de nouvelles installations. On verra aussi à obtenir les conseils avisés du département d’anesthésie.

Il incombe à l’établissement de santé de veiller à l’application des mesures suivantes :

  1. Les salles d’opérations doivent être conformes à la loi régissant les installations électriques et répondre aux normes de sécurité concernant les salles d’anesthésie et les systèmes d’évacuation des surplus de gaz anesthésiques.
  2. Les installations doivent être conformes à toute réglementation visant à minimiser le risque d’incendie, d’explosion ou d’électrocution, et l’équipement électrique de la salle d’opération doit répondre aux normes décrites dans les publications courantes de la CSA.
  • La tuyauterie des gaz médicaux, y compris les raccordements à basse pression, les régulateurs de pression et les unités terminales, doit répondre aux normes d’identification, de fabrication et d’installation. Les canalisations doivent porter le sceau d’approbation d’une agence de vérification reconnue par la CSA. Les concentrateurs d’oxygène peuvent constituer un substitut acceptable à l’oxygène en vrac en autant que leur installation et leur entretien répondent aux normes de la CSA (voir l’Annexe 1). Lorsque de tels concentrateurs sont installés, il faut savoir :

      • que la fraction d’oxygène inspirée (FIO2) dispensée par l’approvisionnement d’oxygène médical de l’hôpital peut varier entre 0,93 et 0,99;
      • que les analyseurs d’oxygène doivent être calibrés avec de l’oxygène répondant aux normes de la United States Pharmacopeia (USP), soit FIO2 0,99, et à l’air ambiant ou l’équivalent (soit FIO2 0,21);
      • que l’utilisation de techniques anesthésiques à faible débit (moins d’un litre de gaz frais total) peut entraîner une accumulation de gaz inerte (argon) et la dilution du protoxyde d’azote et de l’oxygène dans le circuit.

    1. La préparation, l’entreposage, l’identification et l’emploi des gaz médicaux, des substances anesthésiques et du matériel afférent doivent être conformes aux règles de sécurité.
    2. L'appareil d'anesthésie doit respecter les normes de la CSA. L’appareil doit être muni d’un analyseur d’oxygène, de vaporisateurs équipés de dispositifs de remplissage à embout de sécurité, d’un ventilateur avec alarme à basse pression, d’un système affecté uniquement à l’évacuation des gaz et d’un puissant appareil de succion trachéale.
    3. L’équipement, les fournitures et l’aide nécessaires pour l’exécution sécuritaire de procédures effractives sont disponibles. Des appareils de diagnostic, tel que les stimulateurs nerveux et les appareils d’échographie, de fluoroscopie et de radiographie, devraient être à la disposition de l’anesthésiologiste au besoin..
    4. Un moyen de ventilation d’urgence (i.e. : ballon de réanimation autogonflable), un défibrillateur muni d’un électrocardiographe synchronisé ainsi que les médicaments et l’équipement nécessaires pour gérer les situations d’urgence (incluant l’hyperthermie maligne, des voies aériennes difficiles et une tentative infructueuse d’intubation endotrachéale) doivent être immédiatement disponibles. Les blocs opératoires où sont opérés des enfants doivent être munis d’un équipement pédiatrique spécialisé. Dans tous les endroits où l’on pratique l’anesthésie obstétricale, un endroit spécifique réservé à l’évaluation et à la réanimation du nouveau-né doit être prévu; cet endroit doit être pourvu de sources d’oxygène, de succion et de prises de courant qui lui sont propres, d’une source de chaleur radiante et d’équipement nécessaire à la prise en charge des voies aériennes et à la réanimation néonatale.
    5. Le personnel qui administre l’anesthésie doit s’assurer qu’on ne transmet pas de substances potentiellement contaminées ou encore d’agents infectieux d’un patient à un autre. À cet égard, une attention particulière doit être portée aux seringues, aux tubulures des pompes à infusion et aux fioles de médicaments multidoses.

    L’établissement de santé doit aussi veiller à ce que tout l’équipement soit inspecté et entretenu régulièrement par un personnel compétent. L’administration de l’hôpital et le département d’anesthésie conserveront les documents qui attestent de l’application des règlements, des inspections et de l’entretien.

    Avant d’introduire un nouvel appareil en anesthésie, les membres du département doivent recevoir une formation spécifique au fonctionnement de cet appareil, sous la direction du chef du département. Ces séances de formation doivent être répétées aussi souvent que nécessaire pour les membres du département, aussi bien les nouveaux que les anciens.

    Recommandations visant à diminuer l'exposition professionnelle aux gaz anesthésiques résiduels :

    1. Une ventilation par dilution assurant 20 renouvellements par heure doit être disponible dans toutes les salles d'opération.
    2. La recirculation de l’air usé ne devrait pas être permise durant les heures d’activité de la salle d’opération et n’est pas recommandée en toute autre période.
    3. Partout où un système d’administration de gaz anesthésiques est utilisé, un système d’évacuation doit être mis en place afin de recueillir les gaz anesthésiques qui peuvent s’échapper du circuit anesthésique ou du ventilateur.
    4. Un programme d’entretien doit être mis en place dans tous les établissements de santé afin de détecter et de réparer toute fuite du système de distribution des gaz anesthésiques, et de veiller au bon état du système d’évacuation des gaz.
    5. L’établissement de santé est responsable d’effectuer une surveillance régulière de l’exposition aux gaz anesthésiques résiduels. Le protocole de surveillance devrait inclure les individus et la distribution de l’écoulement de l’air dans les salles évaluées. Lorsque le N2O est utilisé en salle d’opération, la surveillance du N2O constitue une façon acceptable de vérifier l’efficacité du système d’évacuation des gaz.

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