Vais-je devoir recevoir une transfusion sanguine ?

Ceci dépend de nombreux facteurs, les plus importants étant le type de chirurgie subie et la présence ou non d'anémie. Durant certaines chirurgies, le patient peut perdre beaucoup de sang, quelle que soit la dextérité du chirurgien. Une grande proportion du sang transfusé au Canada est donné durant ou après une chirurgie. C'est l'anesthésiologiste qui contrôle les liquides donnés au patient durant une chirurgie. C'est donc lui qui décide si une transfusion est nécessaire. On ne transfuse du sang que si les risques de ne pas en recevoir du sang sont plus grands que ceux de la transfusion. Les anesthésiologistes ont une grande expérience dans l'évaluation de ces risques chez des patients qui saignent.
Lorsque vous saignez abondamment durant ou après une opération, le sang perdu est d'abord remplacé par des solutions ne contenant pas de sang, ce qui permet de maintenir un volume normal de liquide dans vos vaisseaux et une pression normale. Cependant, ces solutions entraînent une dilution de votre sang. Si le saignement continue, le nombre de globules rouges va devenir insuffisant pour transporter l'oxygène dans votre corps. À ce stade, vous risquez des complications majeures, et même le décès, si vous ne recevez pas de transfusions de globules rouges. 

Un autre motif de transfusion survient lorsque le saignement continue à un point tel que le sang devient très dilué et qu'il ne contient plus suffisamment de plaquettes et de facteurs de coagulation. Si ces constituants spéciaux du sang ne sont pas remplacés, le sang ne coagule pas et le saignement continue indéfiniment. 

Tous les efforts sont faits pour récupérer le sang que vous perdez : à cet effet, on utilise un appareil qu'on appelle "cell-saver". S'il faut vous transfuser et que vous avez mis en réserve votre propre sang dans les semaines précédant l'opération, ce sang vous sera normalement administré avant toute transfusion provenant d'un autre donneur. 

Il n'existe actuellement aucun substitut artificiel pour le sang et ses produits dérivés, bien que ce domaine suscite beaucoup de recherches. Il est possible de stimuler la production de globules rouges par l'organisme, ce qui est fort utile pour les patients qui ont subi des pertes sanguines importantes lors d'une opération et qui ne peuvent recevoir de transfusions. On espère dans un avenir prochain pouvoir compter sur des substituts artificiels sécuritaires pour les produits sanguins mais, dans l'intervalle, il faut souligner que l'approvisionnement sanguin au Canada est aussi sécuritaire que partout au monde. 

Actuellement au Canada, lors d'une transfusion d'une seule unité de sang, le risque de contracter l'hépatite C'est de 1 : 100,000 alors que le risque pour le SIDA est de 1 : 650,000. Au même moment, dans la province de Colombie Britannique, le risque annuel de décès dans un accident de la route est de 1 : 10,000 !